jeudi 16 octobre 2014

KOUDLAM : BENIDORM DREAM

Peut-on encore faire croire au public qu’il existe de vrais révolutionnaires ou de vrais aventuriers dans le monde de la musique ? Existe-t-il encore de vrais artistes novateurs, prêts à prendre des risques ? On pourrait bien croire que non ! Mais il existe encore des bouts de résistance. La preuve ? Voici Koudlam et son troisième album « Benidorm Dream ».

Apparu à la fin des années 2 000, avec un premier album auto-produit, il avait fait paraître chez le remarquable label « Pan Européan », un deuxième album qui l’avait conduit vers les sommets de la créativité. Un disque dont les morceaux allaient se retrouver sur des BO (Jacques Audiard, « le Prophète ») ou des publicité. Musicien accomplis et artiste intransigeant, Koudlam collaborait alors avec le célèbre plasticien Cyprien Gaillard et faisait des performances dans le monde entier.


Un Ep plus tard, l’annonce de son album faisait l’effet d’une bombe, puis plus rien pendant … quatre ans. Koudlam travaillait sur son disque et refusait toute collaboration. Et puis, et puis… il est enfin là le disque de celui qui est désormais l’un des chefs de file de l’électro Français.

Pour se faire, il est allé à Benidorm, une ville Espagnole pleine de retraités et de jeunes Anglais en goguette. Une station balnéaire typique de l’Espagne ! Il s’est enfermé pendant six mois dans sa chambre et entre deux jeux vidéos ou virés en boite, il a écrit et enregistré ce disque qui marque un tournant pour beaucoup !


Il l’avait annoncé : Koudlam est un artiste libre et sans barrières sans genres ou castes et cela donne un disque pleins d’ambiances différentes, pleins de musiques différentes, pleins d’une volonté de ne jamais se laisser aller à la facilité. Il passe allègrement de la techno « Free party », au R ‘Nb en laissant traîner une guitare ou un piano. Un disque qui parfois a des allures symphoniques et dont on peut imaginer qu’il a été pensé autant en pensant au son qu’à l’image. Koudlam où le héros de la musique actuel ! 


ETERNEL DYLAN

Je ne sais pas si vous avez remarqué mais en ce moment j’ai l’impression que Bob Dylan est partout ! Pour moi cela a commencé avec une copine qui me dit la semaine dernière, « j’ai une bio de Bob Dylan à t’offrir », j’allume la radio et là j’entends un portait de Dylan et ça continue avec un cinéphile qui m’offre le film des frères Cohen sur le grand Bob (« Inside Llewyn Davis »)… Bref Dylan est partout, nous entoure… Pourquoi ? Tout simplement parce que Dylan est éternel !


Je m’explique : si vous demandez à un artiste qui l’a inspiré au cours de sa carrière, vous pouvez être sur que qu’il vous sortira Dylan. Simplement parce que aujourd’hui il appartient à la culture et à l’histoire. Il est présent partout, sa musique, son image et ses combats font partis de notre quotidien et en ces périodes de crises et de remises en question Dylan est nécessaire.

Dylan, c’est l’histoire d’un type qui débarque dans les années 60 à Greenwich Village. La légende prétend que avant il a sillonné les routes avec sa guitare et son harmonica, comme Kerouac, son idole absolue. Dylan c’est un artiste qui dés ses premiers titres a une conscience sociale, c’est un artiste qui s’engage, il participe aux marches de protestation, aux combats pour l’égalité… Mais Dylan est plus que ça, c’est un artiste qui se réinvente perpétuellement pour ne jamais décevoir, ne jamais sombrer dans la facilité.


En 1964, avec « Highway 61 Revisisted » Dylan passe du folk au rock avec une facilité déconcertante. Au festival de Newport en Juillet le public le siffle : il joue électrique. Peu avant il s’est rendu en Europe. En France il répond aux journalistes avec une marionnette pour bien montrer le ridicule de la situation, mais il rougit quand on lui présente Françoise Hardy.

C’est l’Amérique des années 60, celle des luttes. Dylan y va, il combat la société Américaine puritaine. En 1966, il est victime d’un grave accident de moto, il vivra alors trois ans dans l’anonymat et la retraite. Il en profite pour s’amuser avec son groupe, « The Band ». Il enregistre dans la cave de sa maison des dizaines de titres « The Basement Tapes ». Tout est dit, tout est fait, il touche à toutes les musiques. Dylan est libre, libéré de sa propre image ! Les morceaux sortiront par petits bouts dans les années 70 et 80.


Les années 70, le consacre demi dieu vivant mais il retombe dans les excès et ne sort rien de notable. Les années 80 le voient tenter un improbable come back. Ce sera « Infidels » un album où il relance sa foi Judaïque et renonce à son baptême Chrétien. Il part alors sur les routes avec le Grateful Dead, ses vieux partenaires des luttes sociales. Puis enregistre « Oh Mercy » son dernier grand disque. Il se lance dans le « Never Ending Tour », sa tournée finale.



Depuis il joue, parcourt le monde et donne des concerts ou il ne dit pas un mot public, et refuse les grands écrans ou tout ce qui pourrait faire de lui une star. Voilà c’est ça Dylan, un authentique rebelle qui n’a jamais baissé les bras, un artiste libre et indépendant. Et en ces temps bien maussade, on a bien besoins de Dylan et de ses combats. 


lundi 13 octobre 2014

THE ELECTRIC MORMONS : AINSI SOIENT-ILS

Ce matin, n’écoutant que mon courage et ma passion, j’ai voulu m’offrir quelques disques. En me rendant à mon magasin préféré je lisais la presse musicale avec avidité pour savoir ce qu’il y avait de bien, super ou carrément renversant à se procurer. Ce qui est bien avec la presse, c’est qu’à chaque fois c’est le nouveau truc obligatoire qui va marquer tout le monde ou carrément la nouvelle musique, bref chaque disque est tout simplement obligatoire ! Pour ceux qui n’auraient pas encore compris, cela s’appelle du marketing !

En arrivant au magasin, mon impression fût renforcée à l’écoute des dites nouveautés, qui étaient, comment dire…anecdotiques ! Un peu dépité et carrément vexé, je me suis précipité chez moi pour aller voir quelques pages Facebook.

Je m’explique : j’ai quelques amis sur Facebook dont je sais que ce sont des gens de goûts, des personnes qui postent que des trucs supers. C’est un peu comme une auberge de campagne, tu sais que ce n’est pas très original ce que tu vas manger mais c’est toujours bon ! Bref c’est en trainant sur les pages de ces quelques camarades que je suis arrivé aux Electrics Mormons !



The Electrics Mormons est un groupe de rock’n roll de Nice ! C’est à peu prés la seule chose que je sais sur eux. Ah si, visiblement ils ont joué avant dans pleins de groupes de la French Riviera et ne se prennent absolument pas au sérieux. Sur scène ils portent des chouettes costards dignes des « Men in Black »et envoient un rock carré plein d’une bonne humeur plutôt réjouissante. Bref un vrai groupe de rock comme on l’aime, à l’ancienne !


J’ai écouté leurs titres, j’ai vu leurs vidéos. Je pourrais vous balancer quelques noms, quelques références en vous disant que ça ressemble à ça ou à ça… A quoi bon ? Vous n’en avez rien à foutre et eux aussi, tout ce qui compte c’est le résultat, et ici il est plutôt jouissif. Que les jeunes générations en prennent de la graine, ici on parle juste musique… La prochaine fois avant d’aller trainer chez un disquaire ou lire la presse, j’irai plutôt trainer du côté des Electrics Mormons. Qui sait ? Ils ont surement des copains, qui comme eux savent comment nous faire plaisir ! 


samedi 11 octobre 2014

DBFC, l'interview....

Nous vous l’avions dit il y a quelques semaines : DBFC est le projet le plus excitant de la rentrée. Nous vous avions promis d’en reparler et quelle meilleure occasion que de rencontrer les deux principaux protagonistes du projet, Dombrance et David Shaw, pour présenter leur projet commun. Bienvenue dans le monde magnifique de DBFC !

Qui est DBFC ?

Dombrance : DBFC, c’est Dombrance, David Shaw, Antoine Reininger et Guillaume Rossel.



Comment arrive-t-on à DBFC ?

Dombrance : J’ai une formation d’ingénieur du son. J’ai publié un album chez Virgin en 2005, puis j’ai joué avec Madame de C, Brooklyn entre autres… Tout en continuant à réaliser des disques et produire ma musique.

David : J’ai d’abord fait le projet Siskid, j’ai été musicien pour Black Strobe. Par la suite j’ai commencé une carrière solo sous le nom de David Shaw And The Beat.


Dombrance : Il y a trois ans j’ai composé un morceau qui s’appelle « The Witch », qui m’a permis de me relancer artistiquement. Suite à cela j’ai commencé à composer d’autres titres (parus notamment chez Kitsune, Ndlr), c’est à cette période que j’ai rencontré David, je lui ai fait écouter des morceaux. Je ne voulais faire de la musique « électro » basique mais avoir quelque chose de plus organique, qui reste de la musique de club. Lorsque j’ai composé les nouvelles chansons, j’avais déjà en tête les personnes avec qui je pouvais jouer.



Tu travailles depuis deux ans avec David. DBFC, est ce le prolongement de ce travail ou est ce quelque chose de totalement différent, puisque musicalement c’est assez proche ?

David : Cela se ressemble sans doute. Selon moi DBFC propose un spectre plus large, mais on peut y trouver des similitudes. C’est de la pop qui donne envie de danser.

Dombrance : Le point de départ est ma rencontre avec David. Cela a été une révélation. C’est Antonin Despins, notre tourneur et ami commun, qui m’a fait écouter son album. J’ai pris une claque, je voulais travailler avec lui. Il cherchait quelqu’un pour jouer avec lui sur scène. Je lui ai dit « Présente le moi, je veux jouer avec lui ! ».

David : Une rencontre cosmique !

Dombrance : Nous avons eu 10 jours pour répéter pour les Bars en Trans et pendant ces 10 jours nous étions vraiment en transe au sens propre. Nous avons vraiment tout partagé. Le fait de chanter ensemble a été un moment vraiment fort : nos voix marchaient ensemble. Je pense que notre secret est là : comme deux couteaux Suisses. Nous sommes tout les deux producteurs, compositeurs, instrumentistes et complémentaires. Pas d’engueulade, jamais ! L’excitation est mutuelle.

On a l’impression que le projet c’est surtout vous deux ?

David : Pour l’instant !

Dombrance : Certes, c’est vrai pour la composition mais c’est plus que cela. Je savais dés l’origine du projet avec qui je voulais jouer. Guillaume et Antoine sont essentiels dans le projet. Même si les morceaux sont co-signés à deux, DBFC est un collectif, un gang.

David : Nous sommes souvent ensemble avec Bertrand (Dombrance Ndlr), nos studios sont voisins. Mais notre idée est quand même de travailler tous ensemble.


DBFC marque-t-il une parenthèse dans vos carrières solos ?

Dombrance : Non ! Guillaume et Antoine jouent dans pleins de projets différents, David prépare de nouveaux morceaux pour un nouvel album, il collabore aussi avec Jennifer Cardini, je viens de finir la musique d’un long métrage…

DBFC c’est quoi comme musique, influences ? Pop, électro…

David : On fait de la pop avec des guitares, des synthés, de la batterie et de la boite à rythmes. Notre fonctionnement naturel et notre culture musicale font que nous créons une musique qui mélange l’acoustique et l’électronique.

Dombrance : Notre volonté est de faire des chansons tout en faisant danser les gens. Nos influences vont de la pop Anglaise à la musique afro Américaine, en passant par la new-wave Allemande, le disco Français des 70’s ou encore de la musique psychédélique.

Sur votre Facebook il y a votre profession de foi, notamment : « DBFC Is not a band, its a club, » cela se rapproche du concept de certains groupes comme Soulwax qui faisait plus une soirée qu’un concert.

David : C’est un peu différent mais c’est la même idée. C’est la même idée mais c’est un peu différent.
Dombrance : Primal ;scream le faisait, Funkadelic aussi, sans oublier Can : ce n’était pas des concerts mais une fête.

David : Dans le cadre de DBFC, on prépare le live, il va y avoir de la place pour l’improvisation.

Le maxi sort le 20 Octobre, c’est quoi la suite discographique ?

David : Pour l’instant il n’y a que quatre titres enregistrés qui sortent sur mon label « Her Majesty’s Ship », on verra pour la suite… Nous voulons jouer en live parce que c’est notre terrain et c’est là où cela va se passer. La suite ce sera peut être un autre maxi ou un album… Tout est possible et ouvert.



Vous êtes programmés aux Transmusicales de Rennes (Hall 8, le 5 Décembre). Ce sera votre troisième concert, vous n’êtes pas trop angoissés par l’enjeu ?

David : Là, on a juste envie d’être sur scène.

Dombrance : Jean-Louis Brossard, le créateur des Transmusicales de Rennes nous a dit banco sans nous voir. C’est un honneur pour le DBFC. Il parait qu’il passe les titres à fond dans sa voiture. On a reçu des messages de gens qui nous ont entendus comme ça. Ca nous a vraiment touchés.

David : Ce sera un fucking show !

Vous avez un côté universel, vous pouvez jouer partout, vous pouvez vous adapter à toutes les situations, mais est ce que sur scène votre côté pop et dance ne risquent pas de tourner à un côté très rock ?

David : le côté « rock » s’estompera au profit d’un « je ne sais quoi !», nous travaillons dans ce sens…

Pouvez-vous être un groupe à géométrie variable (être à deux ou trois sur scène…) ?

Dombrance : Non, nous devons être quatre ! C’est capital ! Ne serait-ce que pour les harmonies des voix.

Justement, comment comptez vous développer, allez vers tout les publics ? Votre musique s’y prête mais on est trop souvent coincé dans des cases.

David : Par le live ! Le DBFC est à fond pour faire les salles de concert comme les clubs. Dans tout les cas, être mis dans une case m’angoisse au plus haut point : j’écoute de la musique qui me plait. Le DBFC, tu aimes c’est cool, tu n’aimes pas fuck off !!!


Un nom à rapprocher du DBFC, un disque, un artiste..

Les 2 : John Cleese…

Les thèmes évoqués dans vos textes ?

Dombrance : Des thèmes universels, on parle de toi et moi.

Le mot de la fin :

David: Do what Thou Wilt! 


mercredi 8 octobre 2014

PAUL REVERE : MORT D’UNE LEGENDE DE LA MUSIQUE AMERICAINE

C’est par un simple message laissé sur le site du groupe que l’on a appris dimanche soir la mort de Paul Revere le leader de Paul Revere and the Raiders. C’est une vraie légende qui s’en va !

Formé en 1958, le groupe était célèbre pour monter sur scène avec des tenues de soldats de la guerre d’indépendance et des tricornes.Entre 1958 et 1971, le groupe a enregistré 26 albums et fût l’un des premiers à passer à la télévision Américaine, pratiquement tout les jours. Durant toutes ces années ils ont eu une pléthore de hits. On citera leur version de « Louie, Louie », « Kick » ou autre »Hungry ». Leur dernier hit fût « Indian Réservation » classé numéro 1 en 1971.




On terminera en disant qu’ils jouaient un bon vieux rock de bonne facture. Encore un grand qui s’en va ! 




BRUNO BLUM : VIENT FUMER UN PETIT JOINT A LA MAISON

Journaliste, écrivain, créateur de super compilations chez Frémaux, Bruno Blum a milles talents, milles ambitions mais il y a en une qu’il a toujours eu c’est faire de la musique et là-dessus on peut dire qu’il est plutôt très bon ! Depuis les Privates Vices à Londres en 1977, à un premier album solo super paru chez New Rose, ce grand amateur de Reggae n’a jamais déçu (ou presque !


Et voilà que le père Blum fait un tube sur internet, un truc assez fou puisque il a fait une adaptation de « Viens boire un petit coup à la maison » en le parodiant par « Viens fumer un petit joint à la maison ». Attention ici tout est du deuxième degré, voir du troisième mais c’est drôle et très bien produit. On dira juste pour terminer que Bruno Blum ne fume pas, ne boit pas et est végétarien, bref tout le contraire de son irrésistible chanson ! 


LES SOUCOUPES VIOLENTES : LE RETOUR DU VENGEUR MASQUE

Bon il fait moche, il pleut, les nouvelles ne sont pas vraiment bonnes et pour couronner le tout il n’y a rien de vraiment terrible cette semaine en nouveauté musicale. On est obligé de se replonger dans ses vieux trucs pour ne pas totalement dépérir ! Et boum, voilà que j’apprends que les Soucoupes Violentes se sont reformées ou plus exactement Stéphane Guichard leur leader – chanteur a remonté un groupe qu’il a appelle : les Soucoupes Violentes ! Vous suivez ?

Pour la jeune génération, apprenez que les Soucoupes ont fait partis de ce que l’on a appelait le rock Alternatif et que dans ce petit monde ils faisaient figure d’exception : ils étaient vraiment bon et jouaient un merveilleux rock sixties plein de classe ! 




La bonne nouvelle est que Stéphane Guichard a retrouvé les clés du local, a rebranché sa guitare et a retrouvé des musiciens pour se (re)lancer dans cette histoire. Un premier album est sorti et un autre va voir le jour très vite ! Décollons un coup avec les Soucoupes Violentes !